Salut ! Merci à toi de répondre à mes quelques questions. Pour commencer peux-tu nous faire une présentation de ton groupe (historique, moments clés/importants, line-up, etc.)
Vince : Le groupe a été créé fin 2003, la composition a commencé de suite, le style a tout de suite été le grindcore avec pour influence des groupes assez « oldschool » genre Napalm Death, Terrorizer… Le premier concert a eu lieu le 3 avril 2004, et tout s’est enchaîné assez rapidement, pas mal de dates dans le nord-est de la France, jusqu’en Belgique. Aujourd’hui, on a de plus en plus de propositions, notamment vers le sud, les voyages forment la jeunesse, comme on dit…
Matt : Je ne pense pas avoir besoin d’en rajouter, tout est là.

Quelles sont les raisons qui t'ont poussé à créer ton propre groupe ?
Vince : Déjà, le groupe ne m’appartient pas, mais c’est quelque chose de collectif. Pour mes propres motivations, c’était surtout créer mes propres morceaux, et les jouer devant un public. Pour le style de musique, autant jouer ce qu’il me plaît.
Matt : Je n’ai rien créé du tout. J’ai été contacté pour faire un essai dans le groupe, et aujourd’hui, je suis toujours là.

Comment s'organise aujourd'hui la gestion du groupe (qui fait quoi, il y a-t-il un leader, etc ?)
Vince : Tout le monde est à contribution et apporte sa pierre à l’édifice.
Matt : Pas de leader, comme dit Vince, chacun apporte son grain de sel.

Ta / tes plus grandes fiertés par rapport au groupe?
Vince : Je ne fais pas ça pour une quelconque fierté, mais pour passer du bon temps.
Matt : Pour ma part, je pense que sans ce groupe je n’aurais jamais pu progresser comme je l’ai fait.

Le futur du groupe à court et long terme ?
Vince : A court terme, sortir un CD, à long terme, jouer, jouer et jouer, un peu partout, on aimerait bien une tournée aussi…
Matt : Là aussi, Vince a tout dit.

Venons en maintenant au coeur même de cette interview : l'UNDERGROUND. Quelle définition as-tu de l'UG ? (n'hésites pas à être le plus précis, le plus exhaustif possible) ?
Vince : La question n’est pas simple, si on définit simplement, on va dire que l’underground c’est une expression artistique qui se fait connaître sans le soutien des mass médias. Mais il y a aussi et surtout cette notion de communauté, dans le métal, une communauté underground parmi tant d’autres, tout le monde se connaît ou presque, et beaucoup de monde essaie d’apporter quelque chose au mouvement, il y a beaucoup de gens qui participent à cette communauté, pas seulement les groupes, mais les orgas, les zines etc. Il y a en fait un noyau dur qui fait que tout ça existe toujours aujourd’hui, les médias ne veulent pas de nous, ce n’est pas grave, on s’en passe bien DIY.
Matt : Je vais ici aussi rejoindre l’idée de Vince ; l’UG c’est un mouvement qui implique justement qu’il se passe dans l’ombre la plus totale, donc sans l’aide des médias. Maintenant, pour moi, c’est principalement un état d’esprit.

En rapport avec la définition que tu viens de me donner, considères-tu ton groupe comme Underground ? Et surtout pourquoi ?
Vince : Oui, on se considère comme underground, car on gère tout nous même, on a pas mal de contacts avec des gens/groupes du milieu, ce qui nous permet de jouer un peu partout. C’est bien par le dialogue entre les différents activistes qu’on arrive à trouver des plans.
Matt : Comme Vince…

Aujourd'hui pour un groupe, quels sont les principaux avantages et inconvénients d'appartenir à l'UG ?
Vince : L’inconvénient et qu’on est forcement moins connu que si on avait de la pub dans les mags par exemple. L’avantage principal, on a le mérite de faire tout nous même.
Matt : Rien à ajouter.

Qu'est-ce qui différencie, selon toi, la scène UG de la scène Metal en général ? Y retrouve-t-on également des points communs ?
Vince : L’UG c’est surtout une façon de vivre, et je ne connais pas de VIP moi, donc je ne peux pas vraiment comparer.
Matt : La différence c’est simplement la mentalité et le but. Pour ce qui est des points communs, on retrouvera dans les deux cas une guitare saturée, un batteur survolté, une basse omniprésente et un gueulard.

On oppose souvent l'UG aux notions de Business ou même plus généralement d'argent. Penses-tu que les deux soient effectivement dissociés ?
Vince : Bah voila, là c’est délicat, la question cachée serait peut-on se considérer underground quand on dégage du pognon ? Difficile à dire, regardons par exemple la scène Hardcore, qui est elle franchement totalement underground DIY, le truc c’est que des groupes deviennent à la « mode » aujourd’hui, et il y a de plus en plus de groupes qui vivent de leur musique, mais au contraire du métal, les autres groupes ne vont pas les cataloguer de commercial, si tu peux gagner ta vie en faisant ta musique, je pense qu’il faut être très con pour cracher dans la soupe, tant pis si ça fait des jaloux.
Matt : L’argent reste quand même une chose importante pour faire vivre un groupe, qu’il soit de l’underground ou non. Pour moi, quand on parle d’underground, c’est une notion qui n’a aucun rapport avec l’argent. Après, chacun pense ce qu’il veut.

Qu'est-ce qui te plaît le plus (et te déplaît le plus également) dans le fait d'appartenir à l'UG ?
Vince : Ce qui me plaît le plus, c’est le dialogue les gens nous considèrent comme des personnes, ce n’est pas les musiciens d’un côté et le public de l’autre. Ce qui me déplaît… à priori rien.
Matt : Le fait d’appartenir à l’underground ne me fait ni chaud ni froid.

Comment juges-tu la scène UG française (points forts/faibles) ? Par rapport à la scène internationale ?
Vince : Je ne sais pas, en France la scène UG fait ce qu’elle peut pour se créer sa place dans le vide culturel qui y règne, j’espère que dans les autres pays, les gens ont autre chose que la TV comme passion… mais c’est un autre débat.
Matt : Euh…. Là je sèche.

Toi qui fait partie du milieu musical, quel regard portes-tu sur le gravage ou le téléchargement d'album ? Penses-tu que l'UG soit également concerné par ces pratiques ?
Vince : Oui certainement, mais bon, comment acheter tout ce qui sort aujourd’hui, il y a tellement de bons groupes… d’un autre côté, certains albums sont impossibles à trouver, sauf en téléchargement, maintenant, bah avec les économies faites, il faudrait aller aux concerts.
Matt : Je ne suis pas contre. Personnellement, je télécharge des albums, mais c’est pour découvrir les groupes. Si le téléchargement m’a plu, j’achète ensuite l’original. Maintenant, ceux qui téléchargent des albums pour ne pas avoir à les acheter, je trouve ça con. Et je pense que l’UG est touché aussi, ce qui est fort dommage puisque c’est quand même le milieu qui a le plus besoin de cette aide financière à laquelle on contribue en achetant un album.

L'avenir de l'UG... tu le vois comment ???
Vince : Je ne le voix pas trop évoluer, il y aura des moments où ça va plus intéresser, et d’autres où les gens vont se lasser, mais le noyau dur tiendra toujours debout, c’est comme ça que je vois les choses, mais je ne suis pas voyant…
Matt : Pour moi, seul l’avenir dira ce que deviendra l’UG, je n’ai aucune idée de sa future évolution.

Merci à toi d'avoir accepté de répondre à cette interview. Le mot de la fin est pour toi...
Vince : Juste un truc, il faut aller le plus possible dans les concerts voila c’est tout.
Matt : I love Blast Beat.

 

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