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Salut ! Merci à toi de répondre à mes quelques questions. Pour commencer peux-tu nous faire une présentation de ton groupe (historique, moments clés/importants, line-up, etc...) ?
Mike : Salut mon petit Laurent ! Merci à toi de m’accorder cette interview. Alors, KRONOS a été fondé en 1994 par Grams (guitare) et moi même. Au fil des années, pas mal de changements de line-up et de style. Aujourd’hui, on joue du brutal death et ce depuis environ 2000. Notre line-up est stable depuis trois ans, date d’arrivée de Richard à la guitare. En terme de discographie, on a enregistré deux démos : OUTRANCE en 1997 et un SPLIT PROMO en 2000. Deux albums : TITAN’S AWAKENING en 2001 (Une version auto produite d’abord puis une réédition chez WARPATH RECORDS) et COLOSSAL TITAN STRIFE en 2004 (sorti chez XTREEM MUSIC PRODUCTIONS). On travaille actuellement sur notre troisième album qui sera enregistré au Hertz Studio en Pologne durant tout le mois de juillet prochain et qui sortira en janvier 2007, toujours sous la bannière d’Xtreem Music.
Line-up actuel :
Grams & Richard : guitares
Tom : basse & backing vocals
Kristof : chant
Mike : batterieQuelles sont les raisons qui t'ont poussé à créer ton propre groupe ?
Tout simplement l’envie comme dirait notre Jojo national !! ;-) Nous avons créé KRONOS avec Grams par pur passion envers la musique et parce que nous voulions nous aussi avoir notre Metallica à nous ! ;-) Et comme nous sommes voisins et amis d’enfance, ça a été facile car nous habitions l’un à coté de l’autre…Comment s'organise aujourd'hui la gestion du groupe (qui fait quoi, il y a-t-il un leader, etc...) ?
Côté musique, tout le monde s’investit durement dans la composition. Chacun y met du sien. C’est notre recette, soit tu bosses, soit tu jartes ! Côté administratif, c’est moi qui me charge de tout : démarchage, gestion, compta etc. Je suis donc le leader administratif du groupe si on peut dire !Ta / tes plus grandes fiertés par rapport au groupe ?
Avoir réussi à enregistrer et vendre des albums. Avoir signé dans des labels. Avoir fait une tournée européenne et donné plusieurs centaines de concerts depuis nos débuts ! En gros je suis très fier que nous ayons plus ou moins réussi à donner une certaine aura à KRONOS. Le fait d’être maintenant reconnu par des fans en France et à l’étranger etc. etc.Le futur du groupe à court et long terme ?
D’abord le troisième album ! On est en plein dedans comme je le disais. Ça s’annonce très bien ! Les compos sont plus extrêmes, rapides, techniques mais en même temps plus mélodiques car il y aura beaucoup plus de soli de guitares pour aérer l’ensemble. Quelques surprises aussi… Deux trois choses que nous n’avons encore jamais fait… Ce sera du KRONOS un peu plus moderne et le son devrait bien arracher puisque nous avons la chance d’aller au Hertz Studio qui fait à mon goût l’un des meilleurs sons actuels du marché.
Sinon, nous allons tourner au maximum à partir de janvier 2007 pour promouvoir le disque. On va jouer plein pot en France mais aussi à l’étranger (tournée européenne et nord américaine). On va également chercher un autre label pour la suite car notre contrat avec Xtreem Music s’achève. Nous avons d’ores et déjà quelques touches intéressantes, notamment à l’étranger… On verra bien, mais une chose est sûre, nous ne sommes pas prêts de nous arrêter ! Nous avons encore et plus que jamais soif de rock !!!!Venons en maintenant au cœur même de cette interview : l'UNDERGROUND. Quelle définition as-tu de l'UG ? (n'hésites pas à être le plus précis, le plus exhaustif possible) ?
Pour moi, l’underground regroupe d’abord toutes les mouvances peu ou pas médiatisées. En ce qui concerne la musique, tous les groupes qui ne bénéficient pas de gros moyens, que ce soit médiatique, financier ou purement musical (auto production, petit label…). Je pense que c’est son trait le plus caractéristique. L’underground privilégie la passion au pognon ! C’est pourquoi, c’est aussi un état d’esprit général. Un melting pot de valeurs dont solidarité, entre aide, passion donc et anticonformisme sont à mon avis les fers de lance. Finalement, c’est une sorte de société dans la société, d’où son nom qui fait référence à une activité « souterraine ». (Oula, M. Sarkosy ne va pas être content là ! lol) L’underground est en effet une véritable fourmilière où cohabite une multitude de personnes sympathisantes et activistes. Elle dispose de nombreux représentants dans le monde entier, de sa propre philosophie, de sa propre économie etc. Voilà en gros la définition qui me semble la plus pertinente au sujet de l’underground…En rapport avec la définition que tu viens de me donner, considères-tu ton groupe comme Underground ? Et surtout pourquoi ?
Totalement et pour plusieurs raisons évidentes… Déjà, nous jouons un style marginal. Le métal extrême a ses fans certes, mais force est de constater qu’ils sont moins nombreux que ceux de Céline Dion ou même Metallica ! De ce fait nous ne vendons pas des millions d’albums donc nous n’intéressons pas les gros labels et majors, qui sont avant tout des entreprises plus avides de profit que de purs talents musicaux. Par corollaire, nous ne disposons donc pas d’énormes moyens financiers et quasiment d’aucun moyens médiatiques si ce n’est la presse spécialisée comme toi par exemple. Et encore ce n’est même pas toujours le cas… Tu comprends donc aisément que nous jouons avant tout par amour de la musique et pas pour faire du fric ! C’est très dur, voire quasiment impossible, de vivre uniquement de son groupe. Surtout en France qui n’est pas vraiment un pays avant-gardiste en matière de musique métal !Aujourd'hui pour un groupe, quels sont les principaux avantages et inconvénients d'appartenir à l'UG ?
Le grand avantage est la liberté ! La liberté de créer, de composer et interpréter ce que tu veux ! Un groupe underground n’a pas de manager qui lui casse les pieds pour lui imposer un style, un look, un message etc. Les groupes se font donc pleinement plaisir. On en revient à ce que je disais auparavant. L’underground nous permet de privilégier la passion au pognon. A contrario, le revers de la médaille est que tu es obligé de te taper 35h voire plus pour te nourrir et assurer la pérennité de ta famille. Du coup tu as également beaucoup moins de temps pour travailler ton instrument et ton niveau s’en ressent… De plus, tu peux vite te décourager faute de moyens, de réussite et arrêter tes activités ! Beaucoup de groupes se forment, peu s’inscrivent dans la durée et se développent… C’est aussi ça la dure loi de l’Underground…Qu'est-ce qui différencie, selon toi, la scène UG de la scène Metal en général ? Y retrouve-t-on également des points communs ?
Comme je le disais, souvent juste une question de moyens. Les groupes non undergrounds vendent plus, tournent plus et sont donc bien plus connus. Mais il y a quand même des points communs. Certains gars restent humbles et passionnés ! C’est comme tout il ne faut pas généraliser !On oppose souvent l'UG aux notions de Business ou même plus généralement d'argent. Penses-tu que les deux soient effectivement dissociés ?
hé hé, on en revient toujours au même débat tu vois ! ;-)
On peut quand même parler de petit Business pour les groupes undergrounds car le nerf de la guerre reste le fric. Je le vois bien au sein de KRONOS. Il faut un minimum de revenus pour continuer. Mais bon, nous sommes très loin des objectifs de vente et des liasses de billets brassées par les grandes majors internationales ! Là est toute la différence…Qu'est-ce qui te plaît le plus (et te déplaît le plus également) dans le fait d'appartenir à l'UG ?
Ce que j’ai dit plus haut. Le fait d’être libre me plait beaucoup. Le fait de devoir forcément trouver une autre activité professionnelle pour vivre un peu moins ! ;-) Pas que je sois faignant, bien au contraire, mais c’est juste que j’aimerais bien vivre uniquement de ma musique et de mon groupe… Comme tous les musicien je pense !Comment juges-tu la scène UG française (points forts/faibles) ? Par rapport à la scène internationale ?
Notre underground se porte plutôt bien je trouve. Il y a plein de bons groupes, de plus en plus par rapport aux années précédentes d’ailleurs. Je pense que nous ne sommes pas à la ramasse par rapport au reste du monde niveau Underground. Par contre nous avons plus de mal en France à passer le cap et sauter de l’autre côté de la barrière… Il y a très peu de groupes hexagonaux qui réussissent vraiment à s’exporter et passer complètement pros. Depuis que Loudblast est mort, personne n’a réellement pris la relève !Toi qui fait partis du milieu musical, quel regard portes-tu sur le gravage ou le téléchargement d'album ? penses-tu que l'UG soit également concerné par ces pratiques ?
Je pense qu’il y a quelques bons et beaucoup de mauvais côtés. Le gravage permet de te faire mieux connaître car plus de personnes peuvent se procurer ta musique. Le revers de la médaille est que tu vends beaucoup moins puisque c’est bien entendu gratuit et illégal. Tes revenus sont donc moins conséquents et les labels ne prennent donc plus le risque de financer les petits groupes et leur donner les moyens de leur ambition. Les contrats de licence sont devenus plus fréquents que ceux de productions. Tu es donc souvent obligé de payer toi même ton studio, et je peux t’assurer que ce n’est pas donné ! Tout cela défavorise donc énormément les groupes undergrounds et n’encourage guère la création de nouvelles formations ainsi que la pérennité des autres déjà existantes. Je pense donc que le gravage fais plus de mal que de bien. Il participe activement à la mort de l’art en général et de la musique en particulier. Et c’est encore pire pour l’Underground puisqu’à la base, les groupes n’ont déjà pas beaucoup de moyens… Il faut donc éviter au MAXIMUM de graver des disques issus de cet univers ! Gravez les albums d’EVANESCENCE si vous voulez, ils ne sont plus à quelques milliers prêts ! Mais évitez ceux des INHUMATE, BENIGHTED ou KRONOS par exemple, si vous voulez qu’ils puissent continuer à monter sur scène !L'avenir de l'UG... tu le vois comment ???
Je ne sais pas trop… Tout dépendra de l’évolution de la conjoncture et du milieu musical… Je ne sais pas si tout sera rose car c’est malheureusement de plus en plus pourri, mais je ne pense pas que l’Underground mourra un jour. Il est à mon avis bien trop implanté et beaucoup trop fort pour ça ! De tout temps il y a eu un underground, pourvu que ça dure encore longtemps car l’art ne doit en aucun cas être imposé ou influencé par une logique de business ou une logique gouvernementale !Merci à toi d'avoir accepté de répondre à cette interview. Le mot de la fin est pour toi...
Merci infiniment à toi !
L’underground est un sujet qui me tient à cœur et je suis donc très heureux d’avoir participé à ton projet. RDV en janvier de l’année prochaine pour notre nouvel album !! Toutes les infos sont sur notre site.
STAY SICK & UNDERGROUND !!!!!
(Comme diraient des amis alsaciens bien connus de la scène UG… ;-) )
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