PERENNIAL FESTIVAL II
salle Tambour Major d' Épinal
les 6 et 7 Mai 2005

 

 

Seconde édition pour le Perennial Fest qui comme l'année dernière propose une nouvelle fois une affiche certes éclectique, mais bien alléchante de part la présence de bons groupes renommés, comme d'autres moins reconnus du grand public mais qui peuvent néanmoins créer de bonnes surprises.
Arrivé sur les lieux du Parc des Expositions d'Épinal, aucune difficulté à trouver la salle, qui au demeurant est sublime. D'une grande taille, dotée d'une scène tout aussi importante et imposante qu'est la superficie de la salle, des lights partout et visiblement une sono digne d'un tel évènement est à dispo des groupes. Quelques stands, un bar avec coin restauration rapide, bref, tout est là pour camper convenablement sur les deux jours que dure le Festival !

Le moment est venu à NMI d'ouvrir les hostilités et ce que je craignais sur le papier arriva.... Le heavy thrash de NMI ne captera pas une seule seconde mon attention. Des morceaux qui décollent pas, une présence scénique inexistante, bref au bout de quelques morceaux, je décroche...

 

Place ensuite à BENIGHTED SOUL et leur heavy symphonique. Bien sûr, la musique de BENIGHTED SOUL est à des années lumières de ce que j'écoute habituellement, mais il faut bien avouer que le groupe assure vraiment, et cela aussi bien musicalement que scéniquement, rien à redire de ce côté là. Bon après, à chacun d'apprécier le heavy symphonique avec synthé, solos, chant lyrique, etc... Toujours est-il que BENIGHTED SOUL peut se venter de posséder en son sein une chanteuse à la voie et la prestation scénique sans faille. Tout le groupe est en place, chaque musicien assure bien ses parties, et cela ne fait que renforcer la cohésion du groupe. Je ne doute pas un seul instant que BENIGHTED SOUL saura se faire un nom dans le milieu heavy.

 

Changement radical de style avec l'arrivée sur scène de ACT OF GODS armé de son brutal death métal aux influences très marquées old-school. Le show de ACT OF GODS se veux du plus brutal, les morceaux s'enchaînent rapidement dans une cacophonie sonore des plus sauvage. Seul bémol, et là malheureusement ce fut le cas pour une bonne partie des groupes, le son n'est pas à leur avantage, et concernant ACT OF GODS, c'est surtout leurs guitares qui en feront les frais, un son handicapant surtout les solos, en les hachant, et du coup ceux-ci perdent beaucoup en intensité et en impact. En dehors de ça, ACT OF GODS sur scène, c'est avant tout un chanteur charismatique doublé d'un bassiste omnis présent, un batteur qui martèle sans relâche son instrument, les deux guitaristes assurant parfaitement leurs rôles par des rythmiques et solos ingénieusement conçus. Tout ceci fait que ACT OF GODS arrive tout en étant rapide et brutal à produire des parties plus mélodiques et accrocheuses. Vraiment dommage donc que le son ne fut pas à leur avantage, les dévalorisant plutôt qu'autre chose. A revoir donc dans de meilleurs conditions...

 

Quelle ne fut pas ma surprise de voir ABORTED débouler sur scène alors qu'était initialement prévu IMPERIAL SODOMY. Je ne connais pas la véritable raison de ce changement de dernière minute, mais je dois avouer que j'ai bien pensé au fait que ABORTED désirait ne pas jouer trop tard et ainsi bénéficier de la ferveur pourtant intimiste jusque là du public, ou autre hypothèse, préféraient-ils jouer la carte de l'assurance en devançant IMPERIAL SODOMY ? Je ne sais pas....... Question qui restera sans doute sans réponse... Enfin bref, ils ont leurs raisons et cela ne regarde que les groupes concernés. En attendant, ABORTED sur scène c'est et ce sera toujours un rouleau-compresseur. Même si il faut bien l'avouer, ce ne fut pas non plus la meilleure prestation qu'il m'ai été donné de voir ce soir là du groupe. Disons simplement que ABORTED à garanti au mieux son concert, mais il n'y avait pas ce petit quelque chose, cette flamme qui fait que l'on a droit à un concert différent d'un autre. Ils ont juste assurer leur show point barre. Une playlist nettement basée sur leur dernier album, qui au final se trouve bien moins agressif que les précédents. Après, vu le professionnalisme déployé par nos amis Belges, je vous rassure, ABORTED est tout de même une référence en death métal. Précisions, techniques, et morceaux qui sonnent parfaitement à la scène, il faut admettre que le groupe à le chic pour vous sortir les rythmiques là ou il faut quand il le faut. Même si ABORTED n'a pas à mon grand désarroi bénéficié non plus d'un son digne de la sono pourtant si prometteuse sur place.

 

IMPERIAL SODOMY se retrouve donc avec la difficile tache d'assurer la tête d'affiche du Festival. Place qu'ils vont parfaitement assurer, seulement comme je le présentais la salle se vida encore un peu plus après le show de ABORTED. Public, faut-il le préciser qui s'était déjà pas déplacé en masse pour cette édition. Peut-être entre 150 et 170 entrées payantes, bien peu donc au vue de l'affiche proposée... mais il en faut plus pour décourager IMPERIAL SODOMY qui une fois de plus nous a déverser de son "Bulldozer death métal" dans nos tronches. Un set d'une rare violence et sans aucune concession. Ca blast de tous les côtés, les guitares et la basse qui vous sortent des riffs de tueurs, un chanteur qui alterne sans aucun problème des cris bien grinds à ceux de porcs que l'on égorge. Ajouté à ceci une présence scénique endiablée, IMPERIAL SODOMY c'est tout bonnement une machine infernale, barbare qui ne s'arrête jamais. La recherche de la musique extrême est sans doute la quête déployée avec rage par le groupe, et celle-ci est à son paroxysme vue la prestation du groupe. Assurément la grosse claque de la soirée ! Merci à eux pour cette leçon de brutalité à l'état pure !!! Voilà un groupe qui porte bien son patronyme en tout cas... héhéhé....

                      

 

C'est donc sur ces douces notes de berceuse que la première journée du Festival se termina. Le temps pour moi de reprendre mes esprits à l'aide d'une bonne bière, de discuter avec les personnes rencontrées ce soir là (elles se reconnaîtront) et zou retour à ma Franche-Comté natale pour y prendre un repos très mérité afin d'être en forme pour le lendemain.

Deuxième journée pour le Perennial Fest, et comme je le présageais, encore un peu moins de monde que la veille accapara la salle à l'ouverture des portes. Je ne voudrais pas passer pour un moralisateur, mais il serait quand même sage de prendre conscience que la désertification des concerts est actuellement un fléau national et garde à ce que ceux-ci ne disparaissent petit à petit par manque de public... N'oubliez pas, tout comme les groupes, les organisateurs, vous aussi à votre façon êtes des activistes de la scène. Réfléchissez-y ! Allez, je ferme cette parenthèse pour en revenir au concert, désolé mais ce fut plus fort que moi.

 

Premier groupe à ouvrir, les locaux de MASSIVE CHARGE qui nous répandra de son brutal death/grind des plus corrosif durant près de 40 minutes. C'est bien simple, le groupe nous a atomisé de morceaux ultra violents, un jeu de scène incroyable avec pour la petite anecdote un chanteur incroyablement doué pour le chant guttural et ceci même quand celui-ci avale le micro ! Il fallait le voir pour le croire. Et pour notre plus grand plaisir, un morceau repris du répertoire de PANTERA avec en guest le chanteur de NATRON et Jean-Marc, guitariste de DUNGORTHEB. Un grand moment de brutalité inculqué par MASSIVE CHARGE et sans aucun doute une des grosses claques du week-end !


            

 

Les choses se calment un peu ensuite avec FORCE FED qui je dois bien l'avouer est un trio de musiciens très en place, bien carré, etc... Seulement voilà, leur sauce thrash/hardcore ne décolle pas vraiment en live. Autant leur dernier CD en date est assez agréable à écouter dans son salon, autant sur scène, il manque cette touche de folie et d'entrain, qui fait que l'on rentre spontanément dans un show. Et bien que musicalement ça se laisse écouter, le côté visuel du trio n'est pas chose courante et forcément s'accaparer une telle scène est tout de même handicapant pour le concert à la longue. Bien que nos amis Alsaciens y déploient toute leur énergie à l'aide de trois chants, car même le batteur y va de sa contribution vocale, ce qui au passage m'a fait penser un peu au regretté groupe ALEISTER, cela ne suffit pas à s'imprégnier "live" de leurs morceaux.

                     

 

S'en suit une nouvelle déferlante sonore nommée BELEF, remarquez avec trois membres de IMPERIAL SODOMY en son sein, il va de soit qu'il ne fallait pas s'attendre non plus à du mélodique. Et c'est le cas, un set sans compromis de brutal black/death d'une rare intensité ou les morceaux s'enchaînent sans aucun répit les uns derrière les autres et qui au final vous laissent bouche bée devant autant de brutalité ! Un show donc sans faille ou rime bestialité et technicité, folie furieuse sur scène et qui enchaine donc très logiquement le réveil d'une salle jusque là encore amorphe et pudique. Une superbe leçon donc de brutalité de la part de BELEF qui prouve une fois de plus que la musique extrême est faite pour la scène. Un seul mot d'ordre pour ses charmants gaillards : "Faut qu'ça blast !!!!!!!!"

               

 

Que dire de NATRON, si ce n'est que c'était un des groupes que j'attendais le plus, car ne les ayant pas vu depuis de longues années (une date sur Lille il y a très longtemps...), leur death métal me manquait. Et je ne fut pas déçu, un très bon set bien brutal et agressif emmené par un charismatique chanteur et des musiciens rudement bien rodés. Tout est parfait avec NATRON, le groupe occupe très bien l'espace de la scène tout en vous déversant sa hargne à travers des morceaux bien sauvages et à la fois très bien composés, de sorte que même sans connaître encore leur dernier album, j'ai été envoûté par leur prestation. Bien sûr, la playlist de NATRON a été en majorité focalisé sur leur dernier opus en date, et tant mieux en fait, cela m'a donné encore plus envie de me l'acquérir. En les voyant, on sait de suite que le groupe a engendré des centaines de dates à leur actif et forcément sur scène, cela se sent immédiatement, une aisance presque diabolique à faire le show, le groupe est vraiment en place, bref une réelle machine de guerre !

                  

 

Pour être des plus franc, j'avais un à priori sur ZUUL FX au vue de la vidéo que j'avais eu l'occase de voir du groupe, et effectivement, musicalement c'est pas ma tasse de thé, une sorte de mélange hybride entre le thrash et le heavy teinté de relents death par ci par là avec un côté indus à la FEAR FACTORY ou se place un chant enragé à celui d'un autre bien plus mélodique ( vous me suivez là ?). Bref, pas le genre de zique que j'écoute habituellement... Bon il faut avouer que scéniquement, c'est au point, voir même d'ailleurs un peu trop, c'est à dire qu'on a vraiment le sentiment que tout leur show est minutieusement chronométré, rien n'est laissé au hasard, même l'instant ou on apporte un pied de micro au chanteur est ultra calculé, à la seconde près, s'en est incroyable ! ZUUL FX est donc une machine bien huilée, qui rentre parfaitement dans une boite aux dimensions mesurées et calculées dont rien ne doit dépasser, bien loin donc des concerts Undergrounds que j'ai l'habitude de fréquenter, c'est un autre monde.... Après, je comprends très bien que cela puisse plaire, d'ailleurs l'accueil réservé au groupe en est la preuve. Une chose par contre que je regrette fortement, c'est le son ultra fort dégagé par la sono lors de leur show, je parierais que l'on a frisé les 150 Db par moment, et résultat l'ensemble n'en est sorti que plus cacophonique au lieu de gagner en puissance, dommage... A vouloir marquer le coup pour la tête d'affiche de la soirée, le sonorisateur n'a fait qu'empiéter sur la musique de ZUUL FX en la dévalorisant plutôt qu'autre chose, mauvais calcul...

 

Toutefois, il est à noter que mis à part l'exception ZUUL FX, le son était bien meilleur que la veille. La nuit de sommeil aurait donc porté conseil au gars de la sono ???...
Un bon festival dans l'ensemble sur les deux jours, même si comme je l'ai déjà souligné, le manque de public s'est sacrément fait ressentir dans cette immense salle et que l'ambiance n'était pas des plus furieuse. A noter pour les plus enragés d'entre vous ou pour les absents que l'excellente équipe de TDK était présente les deux jours et que ceux-ci ont filmé quasi tous les groupes, surveillez donc leur site http://www.tdkprod.com/ afin d'y retrouver très prochainement des extraits live.

 

PHOTOS ET CHRONIQUES : Laurent de Bestial Experience